You have an Ego, you’re not an ego

‘Just as you need your fear for basic human survival, you also need your ego to provide you with the fundamental outlines of selfhood – to help you proclaim your individuality, define your desires, understand your preferences, and defend your borders. Your ego, simply put, is what makes you who you are. Without one, you’re nothing but an amorphous blob.

But do not let your ego totally run the show, or it will shut down the show. Your ego is a wonderful servant, but it’s a terrible master – because the only thing your ego ever wants is reward, reward and more reward. And since there’s never enough reward to satisfy, your ego will always be disappointed. Left unmanaged, that kind of disappointment will rot you from the inside out. An unchecked ego is what the Buddhists call ‘a hungry ghost’ – forever famished, eternally howling with need and greed.

Some version of that hunger dwells within all of us. We all have that lunatic presence, living deep within our guts, that refuses to ever be satisfied with anything. I have it, you have it, we all have it. My saving grace is this, though: I know that I am not only an ego; I am also a soul. And I know that my soul doesn’t care a whit about reward or failure. My soul is not guided by dreams of praise or fears of criticism. My soul doesn’t even have language for such notions. My soul, when I tend to it, is a far more expansive and fascinating source of guidance than my ego will ever be, because my soul desires only one thing: wonder. And since creativity is my most efficient pathway to wonder, I take refuge there, and it feeds my soul, and it quiets the hungry ghost – thereby saving me from the most dangerous aspect of myself.

So whenever that brittle voice of dissatisfaction emerges within me, I can say, “Ah, my ego! There you are, old friend!”  It’s the same thing when I’m being criticized and I notice myself reacting with outrage, heartache, or defensiveness. It’s just my ego, flaring up and testing its power. In such circumstances, I have learnt to watch my heated emotions carefully, but I try not to take the too seriously, because I know it’s merely my ego that has been wounded – never my soul. It is merely my ego that wants revenge, or to win the biggest prize. It is merely my ego that wants to start a war against a hater, or to sulk at an insult, or to quit in righteous indignation because I didn’t get the outcome I wanted.

At such times, I can always steady my life once more by returning to my soul. I ask it: “And what is it that you want, dear one?”

The answer is always the same: “More wonder, please.”

As long as I’m still moving in that direction – toward wonder – then I know I will always be fine with my soul, which is where it counts. And since creativity is still the most effective way for me to access wonder, I choose it. I choose to block out all the external (and internal) noise and distractions, and to come home again and again to creativity. Because without that source of wonder, I know that I am doomed. Without it, I will forever wander the world in a state of bottomless dissatisfaction – nothing but a howling ghost, trapped in a body made of slowly deteriorating meat.

-taken from BiG MAGIC. Creative living beyond fear, by Elizabeth Gilbert.

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Tu as un ego, tu n’es pas un ego

« Tout comme la peur est nécessaire à la survie de l’être humain, vous avez besoin aussi de votre ego : il vous fournit les grandes lignes de votre identité – il vous aide à revendiquer votre individualité, à définir vos désirs, comprendre vos préférences et défendre vos frontières. Votre ego, pour parler simplement, est ce qui fait de vous ce que vous êtes. Sans lui, vous n’êtes rien d‘autre qu’une masse amorphe.

Mais ne laissez pas l’ego diriger la boutique, sinon il va la fermer. Votre ego est un domestique merveilleux, mais c’est un patron épouvantable, car la seule chose qu’il désire c’est la gratification, encore et encore. Et comme il n’y a jamais assez de gratification pour le satisfaire, votre ego sera toujours déçu. Si vous ne le gérez pas, ce type de déception vous fera pourrir de l’intérieur.  Un ego mal maîtrisé est ce que les bouddhistes appellent un « fantôme affamé » – un être éternellement insatisfait qui ne cesse de hurler et réclamer.

On trouve une version de cette faim en chacun de nous. Nous avons tous une créature démente, tout au fond de nous, que rien ne peut jamais satisfaire. Je l’ai en moi, vous aussi, comme nous tous. Mais ce qui me sauve, c’est ceci : Je sais que je ne suis pas uniquement un ego; je suis aussi une âme. Et je sais que mon âme se fout complètement de gratification ou d’échec. Mon âme n’est pas guidée par des rêves de louanges ou la peur des critiques. Mon âme ne possède même pas le langage nécessaire pour de tels concepts. Mon âme, si je l’interroge, m’offre bien plus de conseils que le fera jamais mon ego, car mon âme ne désire qu’une seule chose : l’émerveillement. Et comme la créativité est la voie la plus directe vers l’émerveillement, c’est là que je me réfugie ; elle nourrit mon âme et fait taire le fantôme affamé – me sauvant ainsi de l’aspect le plus dangereux de moi-même.

Donc, chaque fois que la voix aigre de l’insatisfaction s’élève en moi, je peux répondre : « Ah, mon ego! Te voici, mon vieil ami! »  C’est la même chose lorsque je suis critiquée et que je me rends compte que je réagis en étant indignée, peinée ou sur la défensive. C’est simplement mon ego qui s’enflamme et teste son pouvoir. Dans de telles circonstances, j’ai appris à surveiller de près ce type d’émotions, mais j’essaie de ne pas les prendre trop au sérieux parce que je sais que c’est simplement mon ego qui est blessé – et jamais mon âme. C’est simplement lui qui a soif de vengeance ou qui veut remporter le premier prix. Simplement lui qui veut se lancer dans une bataille avec un commentateur « rageux », bouder devant une insulte ou tout plaquer avec indignation parce que je n’ai pas obtenu le résultat que j’escomptais.

Dans de tels moments, je peux toujours redresser la barre en me tournant vers mon âme. Je lui demande : « Et toi, qu’est-ce que tu désires, chère compagne? »

La réponse est toujours la même : « Être encore émerveillé, s’il te plaît. »

Tant que je continue à aller dans cette direction – vers l’émerveillement – je sais que je serai toujours bien dans mon âme, ce qui compte le plus. Et puisque la créativité est encore la voie qui mène le mieux à l’émerveillement, je la choisis. Je choisis de faire taire tous les bruits et distractions extérieurs (et intérieurs) et de retrouver chaque fois la créativité. Car sans cette source d’émerveillement, je sais que je vais droit à l’échec. Sans elle, j’errerai éternellement dans le monde dans un état d’insatisfaction absolu – je ne serai qu’un fantôme hurlant, prisonnier d’un corps fait de chair qui pourrit lentement.

-tiré du livre d’Elizabeth Gilbert Comme par magie : vivre sa créativité sans la craindre